Le roman Moby Dick d’Herman Melville suit la trajectoire d’un homme fauché et en quête de sens, qui décide de prendre le large sur le Pequod. Il y fait la connaissance du capitaine Achab qui n’a qu’une idée en tête : tuer Moby Dick, la baleine blanche qui, jadis, lui arracha une jambe. Loin d’une simple chasse, cette création explore les profondeurs insidieuses de l’emprise. Le mythe océanique devient chambre d’écho où se dévoilent les mécanismes subtils de la domination : fascination, isolement, consentement arraché sous couvert d’idéal. Le capitaine promet un sens au chaos, un horizon à suivre, un monstre à vaincre. Mais à quel prix ? Sur le Pequod, la parole commande les corps, le collectif se serre jusqu’à l’étouffement et la quête se transforme en piège. Cette adaptation interroge la place qu’on laisse à ceux qui parlent fort et la force qu’il faut pour retrouver sa voix. La mise en scène revendique une jubilation de jeu où tout se transforme : un manche à balai devient harpon, un seau se fait océan, une chanson éclate pour souder l’équipage.
Texte, mise en scène et scénographie : Benjamin Migneco
Avec : Arthur Baratin, Guillaume Geoffroy, Anthony Liebault, Deniz Türkmen et Lorine Wolff
Création son et lumière : Rémy Caillavet
Regard chorégraphique : Sylvie Cieren
Artistes peintres : Luana Inhuma et Pauline Ménard